HOCINE BOUKELLA, LEADER DE CHEIKH SIDI BEMOL

Les yeux des enfants présents à ce spectacle de marionnettes donné à Artissimo le 17 Mai dernier brillaient de mille étoiles. La projection d’images sur un écran mobile ainsi que le jeu de ‘l’enfant jazz’, la marionnette, a captivé les petits lutins. Dans l’assistance Catherine Dib, la fille de Mohammed Dib, émue de voir le recueil de poème ‘L’enfant Jazz’, de son illustre père si bien mis en scène par Marjia Mukanen, une marionnettiste franco finlandaise accompagnée par sa troupe : Jean Christophe Canivet (comédien et marionnettiste) et Boualem Bengueddach, marionnettiste-manipulateur. Ce spectacle a été joué lors du festival mondial de la marionnette au Théâtre de Charleville-Mézières, en France, en Septembre 2015. Rencontre.

CATHERINE DIB:

Artissimo : Comment le projet de remettre au goût du jour un poème de votre père, le célèbre écrivain Mohammed Dib a-t-il vu le jour ?

Catherine Dib : C’est l’idée de Maria Nykanem. Elle a entendu parler de l’association Mohammed Dib que j’ai crée avec des amis en 2014, et m’a contactée par E-mail pour me proposer de créer un spectacle de marionnettes à partir de ce texte. On s’est ensuite rencontrées et sommes très vite devenues amies. Bien sûr, l’idée m’a immédiatement séduite. Marja a adapté le texte de mon père au théâtre. Son époux Jean Christophe Canivet a réalisé le décor ainsi que la marionnette de l’Enfant Jazz.

A : L’enfant Jazz est un livre de poèmes. Qui est l’auteur des illustrations ?

C D : Les dessins sont des calligraphies de Rachid Koraichi. L’enfant Jazz est un texte intemporel qui parle de l’enfance. Mon père accordait énormément d’importance à l’enfance parce que les enfants, plus encore que les adultes, sont sensibles à la poésie.

A : Que pensez-vous de l’établissement Artissimo ?

C D : L’accueil de la directrice me va droit au cœur. Je suis tellement admirative de cet espace où grands et petits s’épanouissent à travers une multitude d’activités artistiques.

MARJA NYKANEN:

A : Vous êtes marionnettiste et metteur en scène. Est-ce que c’est votre première venue en Algérie ?

M N : Je viens du Théâtre d’Illusia (France). C’est une troupe franco-finlandaise qui se produit un peu partout dans le monde. C’est ma troisième visite en Algérie.

A : Ce spectacle met en scène une marionnette : l’enfant jazz, figurine inspirée du livre de poèmes de Mohamed Dib. Le spectacle parle de guerre et de paix, un sujet qui reste d’actualité.

M N : Effectivement. D’ailleurs, il y a quelques mois, je l’ai joué en France pour des refugiées syriens. Je pense que c’est un texte qui permet un échange entre les adultes et les enfants sur la thématique de la guerre.

A : Allez- vous continuer à présenter ce spectacle crée par vous-même ?

M N : L’enfant jazz symbolisé par une marionnette confectionnée par mon époux Jean Christophe Canivet aura une longue vie, encore ! (rires)

BOUALEM BENGUEDDACH :

A : Vous êtes manipulateur de marionnettes. Vous vous occupez de la régie lors de ce genre de spectacle.

B B : Oui, je fais ce métier depuis une trentaine d’années. J’ai suivi des troupes dans plusieurs pays pour présenter des spectacles.

A : Que vous inspire le fait de rendre hommage à un grand écrivain comme Mohammed Dib, à travers ce spectacle théâtral ?

B B : Mohammed Dib est un des plus grands écrivains de la littérature algérienne. Le faire découvrir aux plus petits est une excellente initiative.

A : Vous vivez en France. C’est la première fois que vous découvrez l’école Artissimo. Que pensez-vous de cet établissement ?

B B : j’ai vu toute cette ambiance de jeunes et moins jeunes qui suivent des cours de musique, de danse, de photo et je me suis dit ‘c’est chouette qu’une école pareille puisse exister en plein cœur d’Alger !’

Katia Sabri