LILA BORSALI. Interprète de musique andalouse

Les fées ont été nombreuses à se pencher sur son berceau à sa naissance, un certain 12 Juillet 1976 à Alger. Elégance, charisme et voix veloutée lui ont été distribués

ce jour là. Lila Borsali est une valeur montante de la musique classique algérienne de la nouvelle génération. Avec sa voix cristalline et son charme naturel, elle séduit le public. Actuellement, cette artiste prépare son cinquième album. Par ailleurs, elle s’est lancée un nouveau challenge : produire des événements culturels. On a hâte de papoter avec Lila Borsali. L’étoile de la musique andalouse nous accueille dans son appartement douillet et nous offre un thé, accompagné de délicieuses pâtisseries. Voilà, on est toutes les deux installées sur le grand canapé, entourées de tableaux de Kandinsky. L’interview peut commencer.

Artissimo : Lila, comment êtes vous venue à la musique ?

Lila Borsali : A11 ans, alors que j’habitais à Tlemcen, j’ai adhéré à l’association Ahbab Cheikh Larbi Bensari où j’ai appris à chanter et à jouer de la mandoline. Constatant que j’avais quelques prédispositions dans le domaine du chant, mon professeur m’invita à faire quelques solos. Voilà comment tout a commencé.

A : Avez-vous planifié votre carrière en tant qu’interprète de musique andalouse ?

LB : Pas du tout. C’est par pur hasard que j’en suis arrivée là. En 1995, j’ai quitté Tlemcen pour m’installer à Paris. Je venais juste de me marier. Une fois dans la capitale française, j’ai entamé des études d’architecte-designer. A 21 ans, j’ai mis au monde ma première fille. J’ai, par ailleurs, participé à la fondation d’une association baptisée ‘ Les Airs Andalous’. Ça m’a permis d’affûter mes techniques de chant, d’apprendre à jouer de la kouitra et de donner des cours de musique classique. Après 16 ans de vie à Paris, mon mari et moi sommes rentrés à Alger en 2009. J’ai alors intégré l’association les Beaux Arts d’Alger. C’est le chef d’orchestre Abdelhadi Boukoura qui m’a encouragée à enregistrer mon premier album.

A : C’est là que le déclic est survenu ?

LB : (Rires). Effectivement, mon premier album’ Frak Lahbab’ m’a donné envie de faire ce métier. Cette fusion magique avec le public lors de mes concerts a fini par me convaincre que c’est cette voie que je voulais suivre.

A : Votre dernier album, sorti en Mai 2015, évoque la douleur de la séparation. Est-ce en rapport avec la disparition brutale de votre mari en 2013 ?

L B : Oui. Après la mort de mon époux, j’ai fouillé dans le répertoire de la musique andalouse pour retrouver des textes liés à la perte d’un être cher mais en vain. C’est le professeur Toufik Benghebrit qui a volé à mon secours en écrivant pour moi des paroles, en symbiose avec mon ressenti. A la première lecture j’ai eu la chaire de poule. C’est ainsi que l’album nouba Hosn -Es-Selim, a été produit. J’y rends hommage à mon défunt époux Salim et à tous ceux qui m’ont soutenue durant cette terrible épreuve.

A : Vous avez récemment lancé votre propre agence d’événementiel. A quoi le public devrait- il s’attendre ?

L B : En effet je viens de fonder Louart Sevice, une agence qui fera la promotion de groupes et de chanteurs dans le style ‘World Musique’ (Musique du monde). En Janvier dernier, nous avons organisé un concert à la salle Ibn Zeydoun avec le groupe de fusion Jarka. Un prélude à d’autres événements de ce genre.

A : Que pensez-vous d’Artissimo ?

LB : Je trouve que c’est une chance d’avoir une école d’art de cette stature à Alger. C’est une louable initiative surtout quand on sait que l’art est absent dans nos écoles. On a toujours l’impression que c’est la politique et l’économie qui priment dans une société et on oublie que la culture est le véritable visage d’un pays. Pour moi Artissimo contribue à embellir ce visage.

Katia Sabri le 01/03/2016