NATHALIE ANDRIS. Sculpteur- Designer-Céramiste

Installée à Alger depuis 2011, Nathalie Andris transporte dans ses bagages un CV en béton, dans le domaine des arts. Diplômée de l’Académie des Beaux-arts de Châtelet en Belgique, elle a accumulé une pléiade de formations : peinture, poterie, céramique, sculpture, design, psychologie de la couleur, tournage avec outils, techniques de forge et de bronze…En tant que sculpteur céramiste, Nathalie a crée des pièces avant-gardistes. Elle a exposé dans plusieurs galeries privées et hôtels de luxe à Alger. Ses œuvres s’inspirent de son environnement et de son ressenti personnel en tant que femme. Cette artiste éclectique nous a ouvert les portes de son atelier à Hydra. Elle prépare actuellement une exposition dont le vernissage est prévu le 21 Mai prochain dans le hall et les terrasses de l’hôtel Sofitel. Titre : ‘Jeux de dames’. Immersion dans l’univers de Nathalie Andris.

Artissimo : Votre travail est conceptuel. Vos œuvres véhiculent des messages et invitent à une réflexion.

Nathalie Andris : Effectivement. Une des thématique chère à mon cœur est ‘la femme marchandise’.Je suis très sensible à la souffrance des femmes aussi bien en Algérie que dans le monde. Femmes abusées, violentées ou privées de liberté. Mes œuvres traduisent leurs souffrances. Pour ma prochaine exposition, prévue le 21 Mai prochain à l’Hôtel Sofitel, mes œuvres seront en symbiose avec ce sujet. Vous découvrirez entre autre. Des masques féminins en céramique arborant des visages cassés, des bandages, des larmes de sang ,des yeux pochés… A travers mes œuvres il y a toujours un concept à décrypter. La condition de la femme, les produits bas de gamme que nous consommons, le racisme…

A : Qu’enseignez-vous aux élèves qui poussent la porte de votre atelier ?

N A : Je leur apprends d’abord à construire une pièce à partir d’un morceau de terre avec quatre techniques le pinching, le colombin, la plaque et l’estampage. S’ils le souhaitent, ils peuvent ensuite passer à l’étape suivante : engager une réflexion qui leur permettra d’effectuer l’assemblage des petites pièces réalisées précédemment, en vue de créer une mini sculpture.

A : Qu’est ce que le Pinching ?

N A : C’est une technique qui consiste à pincer la terre pour lui donner une forme. C’est un travail en 3 D. Grâce à cette méthode, on peut fabriquer tout un florilège d’objets à la main. Juste à partir d’une boule de terre, sans utiliser de tour. On fait voyager la terre, on la fait bouger et s’envoler. Mes élèves sont toujours surpris de découvrir cette technique qui offre finalement tant de possibilités dans l’art de la sculpture.

A : Quelle sont les objets que vous réalisez ?

N A : Avec la terre, on peut tout faire. Des éléments usuels et décoratifs : vide- poche, lampes, plateaux, tableaux, souliers féminins en céramique, colliers, jarre, figurines, bols, assiettes… je récupère aussi du bois flotté sur la plage. Une fois nettoyé, poncé et associé à des boules en céramique, il constitue un joli élément de décoration.

A : Vous organisez également des séances d’art -thérapie.

N A : Pratiquer la sculpture est aussi une thérapie. Cette activité artistique permet de vivre un moment de relaxation en se concentrant sur soi même et en déchargeant les souffrances enfouies à l’intérieur.

A : Quels sont les artistes que vous admirez ?

N A : Je suis attiré par les artistes qui sortent des choses de leurs tripes et qui ont des messages à faire passer pour faire évoluer le monde. Salvadore Dali et Antoni Gaudi forcent mon admiration. Etrangement tous les deux sont morts dans la misère. Leurs arts n’ont été reconnus à leur juste valeur qu’après leur disparition.

A : A quoi le public devrait- il s’attendre à votre prochaine exposition ‘Jeux de Dames’ le 21 Mai prochain au Sofitel d’Alger ?

N A : Pour le savoir, il faut effectuer le déplacement. (Rires). Petite idée : mes œuvres évoqueront un sujet qui me tient à cœur : la condition de la femme, à travers un mariage de matières, de textures et de couleurs. Chut ! Je n’en dirais pas plus !

KATIA SABRI