OUSSAMA TABTI : Artiste visuel

Né à Alger le 22 février 1988, Oussama Tabti avait une conviction depuis son plus jeune âge : il suivra le chemin des arts. Diplômé de l’école supérieure des beaux- arts d’Alger en design graphique, en 2012, il décide de ne pas s’arrêter en si bon chemin et s’inscrit en 2015, à l’école d’art d’Aix -en- Provence (France). Sa conception de l’art est très contemporaine. Oussama Tabti s’exprime à travers une pléthore de supports : Vidéos, photos, bandes sonores, installations. C’est ce que les visiteurs ont pu découvrir lors de sa dernière exposition intitulée’ La Roma ni ntouma’ (Ni Rome ni vous) à l’espace ‘La Baignoire’ (Square Port Said). Rencontre.

 

Artissimo : Pourquoi l’art vous a-t-il intéressé si jeune ?

Oussama Tabti : Petit je dessinais beaucoup. Cette passion est née un peu par jalousie. Je voulais imiter un camarade qui avait un joli coup de crayon et que tout le monde complimentait pour ses prouesses. Pendant un temps, je pensais devenir architecte. Mais comme il fallait être bon en maths et que c’était loin d’être mon fort, j’ai changé de rêve. Au collège, c’était clair dans ma tête : Ce sera l’école des beaux -arts sinon rien.

Artissimo : Vous avez participé à de nombreuses expositions surtout à l’étranger.

O T : Oui, Biennale des Jeunes Créateurs d’Art Contemporain d’Alger, Dak’Art, Biennale de l’art africain contemporain (Dakar), Instants Vidéo : (Marseille), Water Tower Art Festival (Sofia)…

A : Photo, vidéo, installation… Vous utilisez plusieurs supports pour exprimer votre art.

O T : Dans mon travail je ne me limite pas à un seul médium sinon l’ennuie me guette. Je suis d’une nature curieuse et j’aime toucher à tout. Je suis très créatif et tiens à me sentir libre dans mon travail. La spécificité de l’école d’art d’Aix en Provence, où je poursuis un master actuellement, c’est son orientation vers les nouvelles technologies : Son, vidéo, électronique, nouveaux médias… Mon expo à la Baignoire est le reflet de ce que j’y ai appris. Il y a de la photo, de la vidéo, du son et une installation.

Artissimo : Vos œuvres expriment les agitations du monde où nous vivons. Votre travail n’est jamais fortuit.

O T : Effectivement, l’actualité, l’histoire et la politique m’interpellent dans mon travail. A titre d’exemple, pour ma série de photos de unes de magazines, elle m’a été inspiré par un tableau de l’artiste orientaliste Etienne Dinet intitulé ‘Tête d’arabe’. Péjoratif, ce titre m’a donné à réfléchir. J’ai réalisé que l’arabe est toujours perçu par les occidentaux de la même manière. Qu’elle que soit l’époque, il est toujours montré comme une curiosité. Quant à mon installation intitulée ‘ Traité d’Amsterdam’ représentant des pics anti -pigeons, c’est une métaphore des migrants, indésirables et rejetés comme les pigeons. Mes œuvres découlent toujours d’une réaction par rapport à un événement historique ou politique.

A : Quels sont les artistes que vous appréciez ?

O T : J’ai une grande admiration pour les artistes contemporains parce qu’ils utilisent des médiums d’actualité dont les nouvelles technologies pour faire passer leurs messages. Le maître absolu à mes yeux, c’est Alfredo Jaar, un artiste d’origine chilienne qui vit aux USA. Je citerai également Ai Weiwei, photographe, sculpteur, performer et architecte chinois. Alfredo Jaar avait animé une rencontre à Alger avec les étudiants des beaux-arts. Une de ses phrases m’a profondément marqué. Il a dit que 99 % d’une œuvre, c’est de la réflexion. Le 1% restant est la forme finale de l’œuvre. C’est cette approche que je j’adopte dans mon travail.

A : Que vous inspire notre école ?

O T : J’aime l’ouverture d’esprit qui caractérise Artissimo, une école pluridisciplinaire avec un florilège d’activités. J’ai assisté plusieurs fois à des débats. J’ai beaucoup de respects pour cet établissement et je n’ai qu’un seul souhait : voir d’autres espaces de ce genre éclore à Alger et pourquoi pas en Algérie.